Damas / Le président Bachar al-Assad a lancé ce soir officiellement les activités de Damas, capitale de la culture arabe 2008.
A la cérémonie d'inauguration de cette festivité ont pris part Mme Asmaa, épouse du président al-Assad, l'Emir de Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani et son épouse Cheikha Moza Bent Nasser al-Mesned, le président de Turquie, M. Abdullah Gül, l'ex-président libanais mile Lahhoud, et son épouse, M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe, M. al-Mounji Bou Snina, secrétaire général de l'organisation arabe de l'éducation, de la culture et des sciences, un nombre de ministres arabes de la culture et d'invités arabes et étrangers.
Prenant la parole, le président al-Assad a fait noter que Damas n'est pas tout simplement une ville, une capitale ou une existence géographique se trouvant au cœur de Bilad al-Cham. "Damas a une toute autre signification, elle est la ville de la richesse spirituelle .. Partout où vous y passez vous ressentez l'histoire: Les chemins qu'avait suivis l'apôtre Paul, les portes qui vous ouvrent les bras, Khaled vous rencontre à sa porte du nord, les Omayyades regardent depuis les minarets de la Mosquée al-Oumaoui, veillant sur Jean-Baptiste, Saladin regardant avec mépris ceux qui préconisaient ou proclamaient le mal envers Damas", a-t-il dit, ajoutant que la terre de Damas recueille les corps des martyrs comme ceux des grands philosophes, écrivains, poètes et artistes de tous les pays arabes: Al-Farabi, Ibn Arabi, al-Arsouzi, al-Naboulsi, Hussein Mroué, Abdel Karim al-Karmi, al-Jawahiri, Nizar Qabbani.
Il a rappelé que de Damas s'était lancé le message de Jésus vers le monde et que de Damas l'Islam a pris son chemin vers le monde. "L'église de Saint-Paul et la Mosquée des Omayyades sont le symbole de la puissance de l'affection à Damas", a-t-il précisé, soulignant que l'intercommunication des cultures et des religions sur le sol de Damas avait produit un modèle humain unique gratifié par la morale et les règles de conduite que lui avaient enseignés les religions célestes.
"c'est le destin de Damas d'où était sortie l'étincelle du nationalisme arabe, étaient partis les nobles objectifs et les grands espoirs, et s'était propagée la culture de l'espoir en l'avenir et du refus de tous les aspects du colonialisme et du néo-colonialisme.
Damas était et reste la patrie engagée aux causes de la nation, à ses objectifs et à son avenir", a-t-il indiqué.
"Que Damas soit la capitale de la culture arabe, c'est être la capitale de la dignité arabe; ainsi, Damas est la capitale de la culture de la résistance, de la liberté et de la défense de cette liberté", a poursuivi le président al-Assad, soulignant que la culture de la résistance est celle de la créativité "or, la liberté est la condition sine qua non de la créativité", a-t-il précisé.
"Nous sommes les enfants d'une même culture, notre culture arabe est notre patrie à tous", a ajouté le président al-Assad, insistant sur le fait que la culture arabe est le point qui nous attache, qui réduit les effets de la partition et qui nous permet d'être présent dans le monde.
"La consécration de cette culture, bouclier invincible face à la culture d'hégémonie, de tuerie et de destruction, sauvera la nation de l'effondrement. Elle est l'espoir de la nation de faire tomber tous les projets d'effritement et de partition qui visent la nation, son identité avant ses frontières", a-t-il précisé, faisant noter que partout où on passe dans la patrie arabe, on y rencontre le même système de vie, la même langue, la même appartenance et les mêmes espérances.
"Notre culture, c'est notre identité profondément ancrée; et notre identité est le fruit de tout ce que nous avions réalisé à travers l'histoire et jusqu'à présent", a ajouté le président al-Assad, soulignant que notre message est celui de l'arabité, du bien et de l'humanisme.
Il a refusé l'idée de ceux qui disaient que la mondialisation estompera les identités nationales, rappelant que l'identité arabe s'était enrichie à travers les siècles des cultures des différentes nations comme elle les avait enrichies à son tour.
Il a ajouté que Damas offre l'exemple du dialogue et de la coexistence des cultures, qu'elle est le symbole de l'unité des diversités et la preuve de la stérilité de l'idée du conflit des civilisations.
"La culture arabe s'ouvre à la culture de l'autre, et Damas en est l'exemple. Elle ouvre son cœur à celui qui venait à elle offrant le sien, et ferme ses portes devant celui qui arrive l'épée dans la main", a ajouté le président al-Assad.
"Damas avait ses portes et ses mur, mais jamais elle n'avait fermé ses fenêtres aux vents", a-t-il indiqué.
Il a d'autre part insisté sur la nécessité de conserver et de développer la langue arabe "fondement solide de la maison arabe.
"La langue arabe est la langue du Coran, la langue par laquelle est enregistré la moitié de l'histoire du monde, ses connaissances et sa littérature", a-t-il précisé, insistant par contre sur la nécessité d'apprendre les langues vivantes pour connaître les réalisations du progrès humain.
Le président al-Assad a indiqué que cette manifestation culturelle serait une occasion pour présenter notre culture et notre patrimoine, mais encore pour faire connaître l'interaction de cette culture avec les autres cultures dans le monde.
"La meilleure expression de cet objectif, est la présence du président Abdullah Gül avec nous à cette occasion. Les cultures arabe et turque, comme les peuples arabe et turc avaient vécu ensemble pendant des siècles; et nous assistons aujourd'hui aux effets de cet interaction entre les deux peuples", a souligné le président al-Assad qui fait noter que cette manifestation sera également l'occasion pour parvenir à une sécurité culturelle arabe qui conservera l'identité civilisatrice de la nation et sera une partie complémentaire de la sécurité nationale arabe.
"Nous allons de l'avant d'une mission difficile dont le chemin est long, mais celui qui travaille pour faire son histoire va droit sur son chemin quels que soient les sacrifices", a dit le président al-Assad rappelant, pour terminer, que fière de sa rose damascène et de son jasmin dont elle répand le parfum à tous ceux qui venaient à elle, de ses sources de l'eau desquelles elle les fait boire, Damas est renommée également, et ne l'oublions pas, de son épée damascène qu'elle brandira sans hésiter face de ceux qui la visent et qui lui veulent du mal.
Gh.H.